Le blogue du RÉFO vise à rassembler des textes, photos et vidéos d'étudiant(e)s francophones et francophiles d'un peu partout en Ontario. 

L'objectif du blogue est de créer une meilleure compréhension des réalités et priorités étudiantes en Ontario français et de créer des ponts entre les étudiant(e)s qui fréquentent une des 11 institutions francophones et bilingues de la province.

Tout étudiant(e) peut contribuer au blogue en soumettant un texte, une photo ou une vidéo par courriel au RÉFO au info@refo.ca. Les opinions exprimées ici sont celles des auteur.e.s et ne représentent pas nécessairement la position officielle du Regroupement. 

Le blogue du RÉFO

Une semaine pour comprendre le bilinguisme canadien

On crie haut et fort que le Canada est un pays bilingue. À vrai dire c'est l'un des facteurs phares qui poussent les immigrants francophones à s'y installer. Imaginez l'Amérique à la française ou la France à l'américaine! Quel mélange, le meilleur des deux mondes, le mariage parfait! Bien entendu, de l'extérieur on accorde peu d'importance aux politiques linguistiques de chaque province canadienne. On préfère se contenter du fameux slogan « le Canada est un pays bilingue ». Imaginez alors la surprise lorsqu'une Africaine francophone débarque dans une ville comme Toronto et se rend compte que la plupart, pour ne pas dire tous les services, ne sont offerts qu'en anglais: restos, boutiques, super-marchés, transport public, banques, etc. Bref, le quotidien est « IN ENGLISH PLEASE », sans compter qu’on s’en tire plus facilement avec le mandarin que le français dans certaines situations. Cette révélation a eu l’effet d’une gifle et m’a propulsé dans une suite d’états d’âmes que je décrirais comme suit :

 Jours 1 et 2: Le déni

 « Ce n'est pas bien grave que le chauffeur de bus, la caissière au super-marché, la serveuse du resto, l'agent de sécurité, la vendeuse dans la boutique… et j'en passe ne comprennent que bonjour et merci en français. C'est juste une exception, de toute façon le Canada est un pays bilingue et à ce que je sache Toronto est au Canada. »

 Jour 3: La colère 

 « Alors là ça commence à m’énerver, je veux bien employer le peu d'anglais que je connais, mais l'effort ça fonctionne dans les deux sens. « IN ENGLISH PLEASE, IN ENGLISH PLEASE, IN ENGLISH PLEASE », mais je n'ai qu'à faire de l'anglais… après tout le Canada est un pays bilingue, tout le monde est sensé parler le français. Que je sache, Toronto est au Canada. »

 Jour 4: Le compromis 

 « Écoute, je vais chercher les communautés francophones et ne côtoyer qu'elles, quitte à rater une partie de la vie sociale à Toronto. De toute façon ce n'est pas de ma faute, j'ai été victime d'un marketing mensonger qui m'a induit en erreur. »

 Jour 5: La déprime

 « Il va falloir que je me mette à l'anglais si je veux survivre! »

 Jour 6: L'acceptation

« Ça va, l'anglais ce n'est pas bien dur, et je me débrouille pas mal. De plus j'ai des ami.e.s avec qui je peux discuter en français, il y a pas mal d'événements en français (cinéma, théâtre, musique etc.) et pas mal d'associations francophones. »

Conclusion

En effet le Canada est un pays bilingue, c'est-à-dire un pays où on parle deux langues, à savoir l'anglais et le français. Toutefois, il y a des provinces anglophones avec une communauté minoritaire francophone et vice-versa. Je dirais même qu'il est plus facile de s'en sortir avec l'anglais dans les provinces francophone et bilingue que le contraire.

 Ceci dit, ce malentendu m'a permis d'apprendre une autre langue et ce n'est pas le mandarin! Je me suis intégré et mon quotidien est « IN ENGLISH » alors que pour mes études, mes proches et mes ami.e.s, c’est « EN FRANÇAIS ». Finalement, c'est l'Amérique à la française.

Aisha Touré est étudiante à l’École d’affaires publiques et internationales du Collège universitaire Glendon à Toronto. D'origine malienne et kényane, elle se considère citoyenne du monde de par ses nombreux voyages. Elle s’intéresse entre autre aux sujets d'ordre social touchant surtout à l'identité.

Posté il y a 426 semaine