Le blogue du RÉFO vise à rassembler des textes, photos et vidéos d'étudiant(e)s francophones et francophiles d'un peu partout en Ontario. 

L'objectif du blogue est de créer une meilleure compréhension des réalités et priorités étudiantes en Ontario français et de créer des ponts entre les étudiant(e)s qui fréquentent une des 11 institutions francophones et bilingues de la province.

Tout étudiant(e) peut contribuer au blogue en soumettant un texte, une photo ou une vidéo par courriel au RÉFO au info@refo.ca. Les opinions exprimées ici sont celles des auteur.e.s et ne représentent pas nécessairement la position officielle du Regroupement. 

Le blogue du RÉFO

Francophone d'origine ou d'adoption? Cela importe peu...

Par Giuseppe Guida

Qui suis-je? Cette question me hante depuis longtemps. À ce jour, j’ai toujours de la difficulté à y répondre et à définir ma ou mes communauté.s. Suis-je Canadien? Québécois? Franco-Ontarien? Pour l’instant, je l'ignore. Et vraiment, est-ce si important de le définir?

Je suis né à Toronto et j’ai été adopté par une mère québécoise et un père italien. La culture francophone m’intéresse et m’interpelle depuis très longtemps. Quand ma mère jasait avec ses frères et sœurs, j’étais étonné de voir comment ils passaient si aisément du français à l’anglais. C’était une grande inspiration pour moi et j’espérais un jour être capable d’en faire autant.

Ce vœu s’est réalisé quelques années après que j’ai déménagé au Québec. Non seulement ai-je appris le français, mais aussi les nuances d’une culture qui me ressemblait beaucoup plus que la culture du Canada anglais où je suis né et où j’ai grandi. J’ai fini par m’identifier plutôt à la communauté québécoise. Cela a vraiment changé ma façon de voir le monde. Aujourd’hui, je suis fier de pouvoir parler le français, cette langue qui fait maintenant partie de mon quotidien. Pourtant, je n’ai jamais vraiment laissé tomber mes racines ontariennes anglophones.

Depuis mon arrivée à l’Université d’Ottawa en 2013, je me suis inscrit au programme d’immersion en français afin d’améliorer ma maîtrise de la langue. Je me suis fait quelques bon.ne.s ami.e.s qui sont très engagé.e.s au sein de la communauté franco-ontarienne et j'ai vraiment le goût de les suivre et de m'y engager autant qu'eux et elles. Je suis fier de pouvoir côtoyer des gens qui se battent pour assurer le rayonnement de la société franco-ontarienne à travers la province. Pourtant, je me sens toujours entre deux communautés.

Étant étudiant dans une institution ontarienne, mais vivant toujours au Québec, je suis fier de tout ce que « la Belle province » m’a appris. C’est beaucoup plus qu’une langue, c’est aussi une idée de société et toute une culture (québécoise et canadienne-française) que je n’avais pas auparavant. Étudier en français en Ontario, par contre, m’a aussi ouvert les yeux sur les notions de ce que c'est d’être Franco-Ontarien et de vivre en milieu minoritaire.

Cette double-réalité que je décrit ne se vit toutefois pas sans certains déchirements. Je me souviendrai toujours d’un moment assez choquant dans ma vie alors que je commençais à m’identifier comme Franco-Ontarien. Je jasais avec une personne que je connaissais et il m’avait dit bêtement : « Tu sais, tu ne seras jamais Franco-Ontarien. Tu es né anglophone ». Depuis ce moment choquant, je ne me suis jamais vraiment senti à l’aise de m’identifier ainsi. Mais cela pourrait changer. Je rencontre de plus en plus de gens qui n’ont pas cette vision étroite de la francophonie. Je commence à voir la francophonie comme un concept large auquel chacun peut adhérer s’il souhaite y contribuer quelque chose.

Et donc je repose la question: Qui suis-je? Suis-je Québécois? Franco-Ontarien? Canadien-Français? Pour moi, cela importe peu. Il y a des questions encore plus importantes dans la vie : Qui ai-je le désir d'être et de devenir? Comment vais-je vivre pleinement mon statut récemment acquis de francophone et comment puis-je contribuer à cette nouvelle communauté?

Aujourd'hui, je me décrirais comme un jeune franglophone engagé dans mes multiples communautés. Depuis que j’ai commencé mes études à l’Université d’Ottawa, je bâti ma francophonie à mon image. Franco? Anglo? Allo? Je n’en sais rien, je l'ignore, et c’est tout à fait correct. La seule chose dont je suis certain c’est que les francophones partagent une langue et des cultures rayonnantes à travers ce grand pays et que nous devons tout faire pour les protéger.

Giuseppe Guida vient de compléter sa deuxième année en Études des conflits et droits humains (option immersion française) à l’Université d’Ottawa. Il est originaire de Toronto et habite à Gatineau. 

Posté il y a 450 semaine